Après
un scrutin régional en France et législatif en Espagne, les électeurs
sont appelés en France mais aussi dans l'ensemble de l'Union européenne
à participer aux élections européennes des 10 au 13 juin.
La première interrogation
porte sur la campagne : sera-t-elle européenne ou restera-t-elle, comme
à chaque fois, un empilement de campagnes nationales ?
Le mode de scrutin n'étant pas homogène sur le territoire de l'Union,
il est probable que la campagne ne soit encore une fois éclatée en 25
campagnes nationales simultanées et hermétiquement séparées les unes
des autres.
Et c'est ainsi que d'un bout à l'autre du continent, on vote à des dates
différentes et selon des modes de scrutin aussi variés que le vote proportionnel
avec panachage (Luxembourg), proportionnel doublé d'un vote préférentiel
uninominal (Allemagne), scrutin sur liste nationale (Portugal) ou sur
listes macro-régionales (8 en France, 13 en Pologne), etc.
Le constat n'est pas nouveau. Malheureusement, en 25 ans les gouvernements
nationaux n'ont jamais réussi à se mettre d'accord pour régler cette
question pourtant incontournable en démocratie : unifier le mode de
scrutin.
Ensuite, quels seront
les enjeux de la prochaine législature ?
En premier lieu, la Constitution européenne doit être adoptée dans les
plus brefs délais afin de pouvoir faire fonctionner une Union comptant
près de 455 millions d'habitants.
Sachant que l'Union comptera bientôt 27 Etats-Membres ou plus. Lors
du sommet européen de décembre, l'ouverture des discussions sur l'adhésion
de la Turquie sera examinée.
Mais des sujets
tout aussi importants attendent l'opinion publique, à commencer par
les perspectives financières 2007-2012 ou encore la révision du plafonnement
du budget annuel européen. En effet, comment mener une politique structurelle
de soutien aux régions les plus en difficulté -que ce soit la Lorraine
française, la Silésie polonaise ou l'Alentejo portugais- si le budget
européen est limité comme aujourd'hui à 1,27% du PIB et que 6 gouvernements
ont signé une lettre pour réclamer non pas une hausse mais une baisse
du budget européen ?
Il y a aussi le
projet de grands travaux initié par Jacques Delors et remis au goût
du jour l'année dernière ou encore la réorganisation des relations internationales
sur la base du multilatéralisme. Les électeurs pourrait également se
passionner pour la question de la liberté de circulation, d'établissement
et de travail sur leur continent enfin réunifié. Ils pourraient s'intéresser
à la manière dont nous réglons la question de l'enclave russe de Kaliningrad
séparée de la Russie par la Lituanie et la Pologne ou encore celle des
minorités comme les Roms qui représentent pas loin de 8 millions de
personnes. Autant que la population suédoise.
Enfin, dans la
Constitution européenne, il est prévu que la désignation du Président
de la Commission dépend de la couleur politique du Parlement européen.
Un véritable progrès en matière de démocratie et d'union politique.
De quoi mobiliser l'électorat de Lisbonne à Narva (Estonie) et de Cork
(Irlande) à Nicosie (Chypre) en passant par Madrid et Paris en offrant
un enjeu majeur : voter pour choisir son destin en Europe.