Rien
ne leur échappe. Dix ans qu'ils sont la voix et les oreilles de l'Espagne
à Paris.
Au point
de pourvoir en chroniqueurs hispaniques l'émission européenne à paillettes:
Union libre. Son animatrice, Christine Bravo, petite-fille de réfugiés
politiques espagnols, n'hésite pas à recourir à leur solide réseau,
résultat de dix années au service de leur communauté.
Au début
des années 90, leur constat est sans appel. Les Arabes, les juifs
et même les Portugais, avec radio Alfa, ont leurs médias. L'Espagne:
nada. Pas même un bulletin de liaison. " Car notre émigration est
plus ancienne, elle remonte à 1920. Elle s'est mieux réalisée. Ce
qui ne veut pas dire qu'elle n'ait pas besoin de "se rencontrer".
Les Espagnols
restent très " pueblo " (village) , estime Carlos, 40 ans.D'où la
naissance du trimestriel (bientôt bimestriel) Luz y Calor, " la revue
sociale et culturelle de la communauté espagnole ".
Un magazine dans la langue de Cervantès qui recense, de façon exhaustive,
tous les événements hispaniques en France.
C'est aussi pour se maintenir junto a (en contact) et familiariser
l'Hexagone avec leur communauté, que les frères Bujidos, originaires
de León, publient depuis trois ans un guide des ressources culturelles
espagnoles.
S'ils ont gardé
la nationalité espagnole, ils n'en restent pas moins des gamins de
Paris, et ne cachent pas leur déchirement lors des matchs de foot
France-Espagne. Un des rares inconvénients, selon eux, d'être " fragnol
".