Le théâtre médiéval
était dominé par des pièces religieuses qui prenaient en France la forme
de mystères, en Angleterre de miracles et de moralités et en Italie
de Sacras.
Les autos sacramentales sont inspirés des Évangiles qui se jouaient
à l'occasion de la Fête-Dieu. Alors qu'ailleurs en Europe ce type de
théâtre disparaît progressivement, il connaîtra à partir du XVIe siècle,
en Espagne et au Portugal, un véritable essor.
Ce genre théâtral va attirer les plus grands talents : Juan del Encina
(1469-1529), Lope de Vega (1562-1635), Calderón, et
Gil Vicente au Portugal.
Les personnages sont, comme dans la commedia dell'arte, immédiatement
identifiables à leurs costumes. En Espagne, un fragment d'auto datant
du XIIe siècle, l'Auto de los Reyes Magos a été retrouvé.
La Representacion del Nacimiento de Nuestro Señor de Gomez Manrique
(env.1410-1490) est sans doute l'une des œuvres les plus authentiques
de ce genre.
Le poète Juan del Encina sera le premier auteur d'œuvres théâtrales
profanes. Son Auto del Repelon est en fait une farce. Voilà en
quoi l'auto est intéressant. Malgré son caractère religieux, il donnera
progressivement la matière à un véritable théâtre dramatique.
Lope de Vega, dont la production est aussi diversifiée qu'immense,
formalisera la construction théâtrale. Unité de temps, de lieu, pour
des pièces construites en trois actes et interprétation comique et tragique
d'un même fait.
Calderón simplifiera ses constructions pour leur donner plus de
profondeur, faisant des autos de véritables pièces philosophiques. Par
ailleurs, il exploitera avec génie la scénographie dans des pièces comme
le Grand Théâtre du Monde et le Festin de Balthazar.
En 1765, les autos seront interdits par édit royal.