On
sait que Bordeaux a été au XXe siècle l'une des capitales de la diaspora
espagnole. Celle-ci a en effet constitué la communauté étrangère la
plus nombreuse de l'agglomération, puisque l'on recensait 65 000 Espagnols
en 1967 et encore 8 000 aujourd'hui.
On
mesure moins, en revanche, les apports continus de la péninsule au cours
des siècles. Des peuples pyrénéens qui se sont fixés dans l'Antiquité
entre l'Èbre et la Garonne aux exilés républicains de 1939, en passant
par les juifs séfarades qui trouvèrent refuge à Bordeaux et à Bayonne
au XVIe siècle, sans oublier la génération de Goya ou celle des rebelles
carlistes au XIXe siècle, Bordeaux et sa région ont été profondément
marqués par leurs voisins d'Outre-Pyrénées. Ils ont laissé leur empreinte
sur la ville, dans son aspect humain, économique, politique, dans le
négoce, dans l'industrie, le vignoble ou l'architecture.
On
a par exemple oublié que la mère de Michel de Montaigne avait fui l'Inquisition
aragonaise, que le château Margaux comme la Galerie bordelaise sont
dus aux initiatives d'entrepreneurs espagnols, que le bataillon " Gernika
" et le bataillon " Libertad " furent les premiers à défiler lors de
la Libération de Bordeaux avant de s'engager dans les combats du Médoc.
Editions
Sud-Ouest
AUTEUR:
Maria SANTO-SAINZ
Maria Santos-Sainz est maître de conférences
en sciences de l'information à l'IUT Carrières Sociales et à l'IUT de
Journalisme de Bordeaux-III.
Elle a été journaliste à Diairo 16 et rédactrice en chef de la revue
Españoles en el Mundo. Elle est l'auteur de L'Élite journalistique et
son pouvoir (Éditions Apogée, 2006).
François
GUILLEMETEAUD
François Guillemeteaud, attaché de conservation du Patrimoine à Bordeaux,
s'intéresse à l'Espagne contemporaine et à son histoire.