Maestro Rodrigo

Sa vie : l'Espagne, la France, l'Amérique Latine
Appartenant à la Génération de 27, c'est l'un des compositeurs les plus remarquables du XXe siècle espagnol et l'auteur de la SGAE qui a généré le plus de droits .
Joaquín Rodrigo est né sur la côte espagnole, dans la ville historique de Sagunto, province de Valencia, le 22/11/1901, jour de la sainte Cécile.
En 1905 éclata à Sagunto une grave épidémie de diphtérie, dont plusieurs enfants furent les victimes : Joaquín Rodrigo perdit presque complètement la vue. La famille Rodrigo déménagea à Valence alors que le musicien avait quatre ans. Il entra dans une école pour enfants aveugles afin de commencer sa formation, manifestant très tôt un intérêt particulier pour la littérature et la musique.
Au début des années 20, Joaquín Rodrigo était déjà un excellent pianiste et un étudiant de composition familiarisé aux courants les plus importants du monde de l'art. Sa première œuvre pour grand orchestre date de 1924.
Joaquín Rodrigo étudia à Paris avec le maestro français Paul Dukas, à l'École Normale de Musique. Il avait pris la décision de s'installer à Paris pour y terminer ses études au début des années vingt. Conscient du fait que ses possibilités comme compositeur étaient limitées à l'époque s'il restait à Valencia ou même en Espagne, et malgré l'opposition de son père, il décida de partir en 1927. À cette époque, l'influence de compositeurs comme Maurice Ravel et Igor Strawinsky était déjà présente dans la musique de Joaquín Rodrigo,mais Paris présentait d'autres nombreux avantages : en effet, la capitale française était devenue un important noyau culturel où se donnaient rendez-vous d'importants écrivains, des peintres et des musiciens espagnols.

Il fallait donc s'attendre à ce que le jeune valencien souhaite suivre les traces d'Albéniz, Falla et Turina. Son séjour à Paris lui permit aussi d'apprécier intimement la vie musicale et artistique parisienne de la fin des années vingt et du début des années trente. Un événement d'une importance transcendantale dans la vie de Rodrigo eut lieu à cette époque : sa rencontre avec Manuel de Falla. Rodrigo avait déjà rencontré le célèbre compositeur à Valencia, mais cette nouvelle rencontre marquera le début d'une amitié durable. Cette fois-là, Manuel de Falla allait devenir membre de la Légion d'Honneur. Après la cérémonie était programmé un concert d'œuvres de Falla lui-même mais le compositeur, dans un élan de générosité, insista pour que l'on entendit aussi la musique de jeunes collègues espagnols comme Hálffter, Rodrigo et Turina. Rodrigo lui fut toujours reconnaissant de l'opportunité qu'il lui donna d'interpréter sa propre musique devant un public distingué et informé.

En 1938, Joaquín Rodrigo fut invité à donner des cours pendant l'été, à l'Université de Santander. Parmi les nouveaux compagnons du compositeur se trouvaient les écrivains Gerardo Diego, Dámaso Alonso et le critique Eugène d'Ors.
Après cette période passée à Santander, le couple revint à Paris. Au cours de ce voyage eut lieu une rencontre très significative. Au cours d'un déjeuner à Saint Sébastien, avec le guitariste Regino Sainz de la Maza et le Marquis de Bolarque, Rodrigo accepta le défi d'écrire un concert pour guitare dédié à son ami Regino. Cette œuvre serait le Concierto de Aranjuez.
Joaquín et Victoria revinrent en Espagne le 1er septembre 1939, deux jours avant que n'éclate la Seconde Guerre mondiale. Dans l'une de leurs valises voyageait le manuscrit complet du Concierto de Aranjuez.
En 1940, il commença à donner des cours à l'Université Complutense de Madrid et, en novembre de cette même année, Regino Sainz de la Maza jouait la première du Concierto de Aranjuez à Barcelone. Le succès que connut cette œuvre, d'abord à l'échelle nationale puis, plus tard, à l'échelle internationale, encouragea le compositeur à continuer par une série de concerts pour divers instruments.
Le 18/11/1951 Rodrigo entra, comme membre numéraire, à la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando (Madrid) .Un an plus tard, Joaquín et Victoria partirent pour l'Amérique, afin d'assister au deuxième Festival de Musique latino-américaine au Venezuela. De là, ils se rendirent à Puerto Rico, où ils rencontrèrent Pablo Casals, puis à New York. L'année suivante, le compositeur et sa femme assistèrent à la première de Fantasía para un gentilhombre, à San Francisco. Une autre première les emmènerait aux Etats-Unis en 1970 : celle du Concierto madrigal pour deux guitares, qui eut lieu à Hollywood. En 1973 et 1974, le compositeur et son épouse visitèrent le Japon et le Mexique à l'occasion de deux festivals dédiés à sa musique. Joaquín Rodrigo etait dejà un compositeur reconnu qui continua a écrire encore quelques années et son décé en 1999 laissa le monde de la musique san l'un des ses plus importants représentants.

Orchestre de Chambre Joaquín Rodrigo
L'Orchestre de Chambre Joaquín Rodrigo doit sa création à trois influences significatives : le maestro Joaquín Rodrigo, authentique standard universel de la musique espagnole, à qui l'Orchestre doit son nom, Agustín León Ara, premier violon, chef d'orchestre et prestigieux enseignant, et la Generalitat Valenciana, à travers sa Consellería de Cultura. L'Orchestre de Chambre Joaquín Rodrigo se compose de seize professeurs, dont le principal objectif est de diffuser le répertoire existant, en prêtant une attention particulière à la musique espagnole (Rodrigo, Turina Montsalvatge, Toldrá, etc.), sans oublier bien sûr les compositeurs universels (Mozart, Rossini, Haydn, Corelli, Sibelius, Britten, Vivaldi, etc.). Depuis sa création, l'Orchestre a participé aux principaux événements musicaux de la Communauté de Valencia ; il a joué au Palau de la Música Catalana, à la Semaine Internationale de Musique de Ségovie et au concert extraordinaire offert à l'Université Internationale Menéndez Pelayo, de Santander. Il a récemment fait une tournée en République Dominicaine, donnant de remarquables représentations comme celles du Teatro Nacional de Santo Domingo et du Gran Teatro de Cibao, et également enregistré un disque avec la société EMI Classics.