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La
musique équitable fait son chemin grâce au label Putumayo…
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C'est une évidence et un fait incontestable, le commerce équitable s'impose peu à peu comme un fait de société. Certains y voit la prise de conscience des consommateurs face à une offre commerciale envahissante et débridée peu soucieuse des réels besoins et une exploitation des ressources peu ou mal maîtrisée, pour d'autres, au contraire, c'est devenu une mode et sous couvert d'intentions louables et respectables, une activité commerciale comme une autre. Si l'on examine avec soin les courbes et statistiques, c'est une forme de d'échange encore marginale au regard du commerce traditionnel mais en constante augmentation et qui semble plutôt rentable si l'on se base sur les ouvertures de magasins spécialisés dans ce type de créneau. Certes cela peut se comparer au commerce en ligne sur internet quasi inexistant il y a à peine une dizaine d'années mais les chiffres sont là, une croissance qui explose d'année en année et qui tranche par exemple avec la stagnation voir la régression de la grande distribution au point que les dirigeants des grandes enseignes lancent eux aussi leur ligne de produits équitables. Tant pis pour les puristes mais tant mieux si les petits producteurs africains, latinos ou asiatiques en tirent des bénéfices et voient leur condition de vie s'améliorer. Après tout c'est ce qui importe. Pour Dan Storper pionnier en la matière (il s'est lancé dans l'aventure au milieu des Années 70 …) il est possible d'en faire une activité lucrative tout en restant sincère dans sa démarche. Il est, par ailleurs, honnête et lucide et dit sans détour : " Soyons clairs, c'est un vrai business, nous ne faisons pas la charité, même si je suis très heureux de contribuer, depuis le début, à des œuvres caritatives. "En effet, une partie des bénéfices de son entreprise est reversée à des OGN comme Terre des Hommes ou dans des opérations spéciales comme lors du 11-S ou de l'ouragan Katrina. Pour ce quinquagénaire new-yorkais son engagement ne date pas d'hier mais de 1974. Tout frais diplômé de l'université en études de langues et civilisations latino-américaines, il se lance alors dans un long périple à travers le continent sud américain… Avec une poignée de dollars, il va sillonner durant des mois, différents pays : La Colombie, le Pérou, la Bolivie… De ces pérégrinations, il rapporte un tas d'objets ethniques qu'il propose à des chaînes de magasins qui s'empressent de lui acheter. C'est un coup de maître et le succès est immédiat. Grâce à ses premiers bénéfices, il ouvre un petit local de 20 m2 carrés à New York. Malgré des débuts un peu difficiles, un coup de pouce providentiel venu notamment du prestigieux et très écouté magazine Vogue va précipiter les événements, rapidement il dévient la coqueluche de la presse et grâce à cette formidable caisse de résonance, il ouvre six autres boutiques !!! Il lance alors sa propre collection de vêtements. Andie Mc Dowell, la très glamour actrice joue les mannequins pour lui et Mia Farrow ou Jane Fonda viennent dans ses boutiques. Des créateurs comme Kenzo ou Calvin Klein s'imprègnent, chez lui, des tendances ou s'en inspirent. Pour garder toujours une longueur d'avance, Dan se lance vers d'autres continents et d'autres circuits afin d'élargir sa vision du monde : l'Inde, le Népal ou l'Afghanistan… Un jour, de retour de l'un de ses nombreux voyages, il tombe, par hasard dans un parc de San Francisco sur un groupe qui joue une musique métissée, de la pop, avec des sonorités africaines, le tout en une parfaite et excellente harmonie. Il trouve cela extraordinaire mais s'étonne aussi qu'il n'ait jamais entendu parlé d'eux. Peu de temps après, alors qu'il rentre dans l'un de ses magasins, il est totalement abasourdi par ce qu'il entend, du hard rock à fond la caisse… Pour lui cette musique est aux antipodes des produits qu'il propose. Il décide de prendre personnellement le problème à bras le corps et achète pas moins de mille cassettes qu'il écoute et réécoute sans arrêt afin de composer une sélection dont il tirera deux compilations dans le but de les diffuser dans ses boutiques. L'effet est immédiat, dès le premier jour de diffusion, il reçoit l'appel de l'un de ses vendeurs qui lui demande de venir voir ce qui ce passe… A peine rentrés dans le magasin, de très nombreux clients demandent le nom des titres ou des groupes et surtout où peuvent-ils acheter les albums. En bon entrepreneur qu'il est, il pressent le bon créneau qui plus est en parfaite harmonie avec sa démarche initiale. En 1993, il lance son propre label : Putumayo (c'est un district en Colombie, dont le nom vient d'un affluent du fleuve Amazone) et sort ses deux premières compilations : " Best of World Music Instrumental " et " Best of World Music vocal ". C'est un tel triomphe que les ventes explosent et après quelques albums et seulement quatre ans d'existence, Dan Storper décide de faire le grand saut, il vend sa marque de vêtements pour se consacrer uniquement à la production de musique. Peu à peu, il consolide sa notoriété et impose sa démarche : faire connaître au plus large public possible, le meilleur des musiques du monde. Comment ? Grâce encore une fois à l'appui des médias, leur bonne utilisation et par une démarche marketing et de communication éprouvée, notamment par des passages dans des émissions de grandes écoutes et le lancement d'une émission de radio, aujourd'hui relayée dans plus de cent trente stations à travers les Etats-Unis mais aussi dans quinze autres pays. Si bien que la marque atteint des niveaux de vente très élevés en à peine quelques années d'existence, dans un contexte et dans un secteur, il faut bien le souligner, très concurrentiel, avec une industrie musicale plutôt en crise qu'en expansion et secouée par des alliances ou des regroupements qui s'accompagnent toujours par de nombreuses et douloureuses suppressions de postes. Malgré cela et devant le succès incontestable de la marque, Putumayo Europe voit le jour à Amsterdam en ce nouveau millénaire… L'an 2000, tout un symbole… C'est vraiment une réussite toute à l'image de l'Amérique, jugez plutôt : 15 millions d'albums vendus, dont beaucoup à plus de 300 000 ex. Notons
aussi que les compilations Putumayo sont présents dans des lieux très
prestigieux comme dans les boutiques des musées du Louvre, Le Van Gogh
Museum ou la Fundacio Joan Miro de Barcelone entre autres. C'est en quelques
sortes le mariage entre les Arts dit majeurs et un art qualifié, hier,
de mineur… Son entrée dans les plus grands musées du monde en consacre
son importance, sa qualité mais aussi son universalité. La musique est
un art sans conteste de par sa portée, son histoire et son caractère rassembleur
et fédérateur. Putumayo et son créateur Dan Storper en particulier, peut
donc être fier d'avoir mis à l'honneur les Musiques du Monde, de les avoir
diffusé en les faisant connaître au plus grand nombre et avant tout le
monde, tout en surfant sur la vague du commerce équitable sans jamais
trahir ni mentir sur ses intentions : créer, entreprendre, investir mais
toujours de manière juste et équilibrée en pensant aux artistes et en
reversant une partie des bénéfices vers ceux, somme toute qui sont à l'origine
et la source de cette musique, les peuples des pays émergeants. C'est
là le plus de beau des messages : " Redonner à ceux qui vous ont enrichi
et offert le plus beau des présents : leur musique, sans rien demandé
en retour ". Vous pouvez retrouver
les titres et les compilations comme : Rumba Flamenco, Radio Latino, Latin
Groove et des dizaines d'autres de : blues, celtique ou jazz sur : www.
Putumayo.com |