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L'
archipel des Canaries
fait partie de la Macaronésie, qui comprend aussi les Açores, Madère et
les iles du Cap-Vert.Cet archipel, formé de 7 îles et de 6 îlots, se divise
en deux provinces : à l'est, celle de Grande Canarie englobe les îles
de Gran Canaria, de Fuerteventura, Lanzarote (ces deux dernières nommées
aussi "îles de Pourpre") et les îlots de Lobos, Alegranza, Montaña Clara,
Roque del Este, Roque del Oeste et Graciosa (le seul habité des six);
à l'ouest, la province de Tenerife s'étend sur Tenerife, la Palma, Gomera
et Hierro.
"Iles Fortunées",
les Canaries le sont donc par leur climat : la température moyenne n'excède
pas 25°C en août, et ne descend pas en dessous des 18°C en janvier.Cette
constante remarquable est due au courant frais des Canaries, aux alizés
du NE et à la proximité de l'Afrique.
Lanzarote, l'île
aux 300 volcans
On dit que Dieu, connaissant la curiosité des hommes, voulut un jour leur
faire connaître la lune. Il partagea ce satellite de la Terre en quartiers
et laissa tommber le plus beau dans l'Atlantique. Est-ce là l'origine
de Lanzarote? Nous serions tentés de le croire. Mais , à parcourir les
795 km² de celle qui, par sa superficie, est la quatrième île des Canaries,
il nous faut bien constater que ce paysage pierreux, noir et ocre, peu
élevé, et hérissé de près de trois cents cônes volcaniques, est plus sûrement
issu des profondeurs de la terre que de celles du cosmos.
D'où vient son nom ? D'un marin gênois, Lancelotto, débarqué en 1312 ?
D'un baron français appelé Lancelot, qui y posa le pied un siècle plus
tard ? Ou encore de Jean de Béthencourt, gentilhomme normand qui, pour
commémorer la fin de la pacification de l'île, en 1404, aurait rompu une
lance (Lanza Rota signifiant lance brisée). Il semble que cette dernière
explication soit la plus crédible.
Durement éprouvés
par des affrontements antérieurs à l'arrivée de Béthencourt, les insulaires
guanches dont les femmes disposaient du privilège de polyandrie, et avaient
chacune trois maris qui se succédaient avec la lunaison, n'opposèrent
aucune résistance au "pacificateur", qui donna l'île à la couronne de
Castille.
A mesure que les Espagnols s'emparaient des autres Canaries, Lanzarote,
qui avait été la première conquise, perdit de son influence. Défendus
par une trop petite garnison, ses habitants furent, durant des siècles,
décimés par les attaques répétées des pirates chasseurs d'esclaves, dont
celle de Amurat le Maure, qui, en 1586, n'épargna que quelques milliers
d'insulaires.
Aux malheurs de la
piraterie vinrent s'ajouter ceux de la terre, puique une longue série
d'éruptions volcaniques secoua l'île ; les deux dernières, celle de 1730-1736,
et celle de 1824 convertissant la zone la plus riche de l'île, en une
mer de lave que les ancêtres des quelques 45 000 insulaires actuels allaient
reconquérir à force de tenacité.
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