accueil- actualité - agenda - cinéma - espagne - gastronomie - livres - musique - lyc
La sierra d'Ayllón (Guadalajara)


L
e voyage que nous proposons nous emmène à travers les territoires montagneux du nord-est de la province de Guadalajara.
La sierra d'Ayllón est le cadre d'étendues solitaires, immenses, émaillées d'églises romanes, de hêtraies et de hameaux teintés de la couleur sombre des pierres.

Atienza peut être un bon point de départ. Ville médiévale au vaste patrimoine, en dépit des aléas de l'Histoire, elle conserve sept églises, dont deux abritent d'importants musées: celle de San Gil, le Musée d'Art religieux; celle de San Bartolomé, le Musée d'Archéologie et de Paléontologie.
Sont également à visiter: l'église de Notre-Dame del Val, aux curieuses sculptures représentant des saltimbanques médiévaux; l'arc de Arrebatacapas, qui faisait partie de la vieille muraille; la place del Trigo, aux arcades boisées datées du XVIème siècle.
Sans oublier, à l'extérieur, le château rocailleux, l'église de Santa María del Rey, la plus ancienne de la ville, dont la porte principale est ornée, dans ses archivoltes, de plus d'une centaine de figures.

Au départ d'Atienza nous empruntons la route en direction du village d'Ayllón. A quinze kilomètres , une déviation nous conduit à Condemios puis à Galve de Sorbe, où les murs d'une église aujourd'hui disparue présentent les chapiteaux, plinthes et impostes de l'art roman. Sur la place de l'Hôtel de Ville se dresse la célèbre "picota", avec son anse en pierre. En partant du cimetière, nous pouvons nous rendre au château du XVIème siècle, hérissé de son beau donjon couronné de sa porte d'octroi et ses machicoulis, qui nous donne un magnifique point de vue sur la sierra toute proche.

A trois kilomètres de Galve de Sorbe, nous empruntons la déviation vers Cantalojas et le Parc Naturel de Tejera Negra.
Deux chemins se présentent à nous pour visiter la plus grande hêtraie du Système central (1.641 hectares): celui de las Carretas et celui de la Vallée de la Zarzas. A l'accueil situé à l'entrée du Parc, auquel nous parvenons par la piste de Cantalojas, des croquis et des renseignements sur les itinéraires nous sont délivrés.

De retour à Galve de Sorbe, nous nous dirigeons à Cogolludo. Nous laissons de côté les déviations à Valdepinillos et La Huerce, et empruntons une route en mauvais état qui descend vers Umbralejo. Cette bourgade du haut Sorbe, désertée depuis 1971, a été complètement restaurée grâce à un programme de récupération des villages abandonnés, devenues aujourd'hui des sites de colonies de vacances, ateliers d'apiculture, de céramique, de menuiserie. . . Umbralejo est l'un des meilleurs exemples de l'architecture dite " noire ".
Le voyageur se livrera à une promenade mélancolique parmi ses maisons à toitures en ardoise. Tout prés, les rives de la Sorbe proposent un délicieux paysage de saules, hêtres et talus hérissées au pied de hautes rocailles où niche le vautour fauve.

Nous arrivons à Valverde de los Arroyos par la route. Dressé en face du pic del Ocejon, c'est le plus charmant des villages de la sierra: balcons en bois remplis de fleurs, toiles à grosses tuiles d'ardoise, une église aux petites maçonneries et aux vastes foyers en coin, et, devant le temple, la fontaine. A trente minutes à peine, nous pouvons visiter les chutes de Despefialagua, de superbes cascades à trois niveaux successifs de plus de cinquante mètres de hauteur.

La route se poursuit de Palancares à Majaelrayo, nous croisons le très beau site de la ville enchantée de Tamajón, pleine d'arcs, de ponts et de reliefs sculptés dans la roche calcaire, le tout tapissé de sabines. L'ermite qui se dresse sur cette route est consacré à la Vierge de los Enebrales. Ses portes sont toujours ouvertes, sa grille constamment fermée.

Plus loin, nous croisons les bourgades de Campillejo, El Espinar, Campillo de Ranas puis Majaelrayo.
Toutes constituent d'excellents exemples d'architecture "noire": toi en grappe, énormes tui1 ardoise, murs épais ouverts çà et là de grosses portes et fenêtres encadrées de bois de chêne, sans oublier les curieux vol hémicylindriques adossés aux maisons: les fours typiques de cette architecture.

De Majaelrayo nous grimpons au pic del Ocejon en suivant une piste forestière qui commence au bord du ruisseau de las Cabezas, tout près du bourg. Si nous préférons rouler jusqu'à Tamarón, nous visiterons son église de la Asunción l'Hôtel de Ville du XVIème siècle où résidèrent les tout-puissants Mendoza.

La route nous conduit alors à Retientas, aux alentours de laquelle se dressent les vestiges du monastère de Bonaval, sur les berges du Jarama. Erigée en 1164, ce fut l'une de premières fondations cisterciennes en Espagne. Il n'en reste que la splendide porte couronnée d'une fenêtre en ogive. A l'intérieur, nous pouvons visiter les trois chapelles, la sacristie et une tour crénelée.
Au-delà de ce monastère enlevé à l'Eglise et abandonné en 1821, le Jarama s'écroule au travers d'une profonde gorge calcaire.
C'est là un des plus beaux sites de la sierra d'Ayllón.

Texte publié dans España 2003, revue du Bureau d'Information diplomatique
Novembre - Numéro 346 - XXXII année- Deuxieme Edition