La Bataille


A 8 heures du matin, la flotte alliée se retrouve dispersée.
Villeneuve ordonne un demi-tour vers Cadix.
Vaille que vaille, il tente d'organiser la longue ligne de vaisseaux qui s'étire sur l'océan.

A 11 heures, la flotte anglaise suit les plans donnés la veille par Nelson : elle se scinde en deux et attaque perpendiculairement la ligne alliée. Un groupe de quatre vaisseaux alliés tombe en panne au centre du dispositif français. Une brèche est ouverte.

A midi, Collingwood brise la ligne adverse, pour isoler des autres les vaisseaux qui naviguent à l'arrière.

A 12h15, Nelson s'engouffre dans la brèche créée à l'arrière du Bucentaure. Villeneuve ordonne, par pavillon, à tous les vaisseaux sans adversaire d'attaquer immédiatement le navire le plus proche.
En pure perte : dix vaisseaux ne prennent pas part à la bataille qui se déroule derrière eux. Les vaisseaux alliés, surpris par la tactique ennemie manœuvrent mal et se livrent à des combats particuliers. Le centre enfoncé, Villeneuve ordonne à l'avant-garde de faire demi-tour pour participer au combat.
La brise est faible, la manœuvre est lente et sans ensemble. Les vaisseaux qui ont laissé se former la brèche interprètent mal les ordres de Villeneuve et font eux aussi demi-tour.

Vers les 5 et 6 heures du soir, c'est la débandade parmi les alliés. Le Bucentaure perd tous ses mâts. Villeneuve, à présent maître d'une coque ingouvernable, donne l'ordre d'être transféré sur un autre vaisseau ; il n'y a plus de chaloupes. Le Bucentaure amène son pavillon. Villeneuve est recueilli à bord du vaisseau anglais Mars et fait prisonnier.
Après le dernier combat du cap Ortegal, la marine française a perdu treize vaisseaux sur dix-huit, la marine espagnole neuf sur quinze. Les Anglais conservent tous les vaisseaux engagés.

Leurs pertes sont de 400 morts - dont Nelson - et de 1200 blessés.
3400 Français sont tués, 1200 blessés ; les Espagnols ont 1000 tués, 2500 blessés.

Les Conséquences

La flotte française ne se relèvera pas de cette défaite qui donne la maîtrise des mers à l'Angleterre et consacre un tournant dans le combat entre Napoléon et l'Europe.

Trafalgar enferme Napoléon sur le continent et le contraint à une vaine conquête de l'Europe. Vaine car, en définitive, c'est toujours la nation qui possède la domination des mers qui l'emporte.

Mais fin octobre 1805, qui peut y songer ? La victoire anglaise passe presque inaperçue, éclipsée en partie par la reddition des 27.000 Autrichiens de Mack à Ulm, le 19 octobre.
Napoléon espère que "le bruit retentissant de ses pas sur le continent empêchera d'entendre les échos du canon de Trafalgar". Ce qui est certain, l'Empereur n'abandonnera pas son plan : créer un front maritime et colonial, s'ériger en défenseur de la liberté des mers face à la "Perfide Albion".
Jusqu'en 1811, il songera au moins à reconstituer la Marine. Du côté anglais, malgré la mort de Nelson qui devient de fait un héros, c'est le soulagement. Provisoire. Désormais, tout se passe sur le continent.