La bataille de l'Ebre
25 juillet 1938 - 15 novembre 1938


Depuis le 18 juillet 1936 la Guerre civile ensanglante l'Espagne. Si le camp républicain bénéficie d'une aide étrangère souvent fluctuante en matériel, les troupes nationalistes du Général Franco reçoivent le soutien massif de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste, en hommes et en matériel.
Mais à l'instigation du Komintern et des communistes français, des volontaires étrangers issus de 53 pays différents commencent à s'enrôler au service de l'Espagne républicaine dans les Brigades internationales.
En mars 1937, les Nationalistes occupent, du Sud Ouest au Nord et au Nord Ouest, plus de la moitié du territoire républicain. Mais Madrid tient bon.

En avril 1938, après la bataille de Teruel, la Catalogne est isolée de Valence du Centre et du Sud-Est encore tenus par les Républicains. A fin de desserrer cet étau et de sauver Valence, les Républicains décident d'ouvrir un autre front sur l'Ebre.
Le 25 juillet 1938 à 0H15, l'offensive est déclenchée. Les hommes des 11e, 15e, 14e Brigades internationales qui constituent le fer de lance de l'armée de l'Ebre s'élancent qui à la nage, qui à l'aide des embarcations hétéroclites rassemblées depuis plusieurs jours à l'insu des Nationalistes.
De Mequinenza, au Nord Ouest, à Amposta, au Sud Est, le front s'étire sur 130 kms. Au Centre, dans la boucle de l'Ebre, les assaillants bousculent les troupes franquistes et, en cinq jours, avancent de 40 kms, établissant même dans le secteur de Gandesa un saillant dans le dispositif adverse.
L'espoir renaît dans le camp républicain. Mais les attaques successives pour s'emparer de la ville se brisent les unes après les autres. Franco fait alors monter en ligne, sous la protection de son aviation et de ses chars, une dizaine de ses divisions.
Commence alors sur ce plateau aride qui domine l'Ebre une guerre de position d'une violence inouïe. Les pertes dans les deux camps sont énormes. L'aviation franquiste bientôt maîtresse du ciel bombarde sans répit les tranchées républicaines. Les renforts en matériel se tarissent. Sur les sierras de Caballs et de Pandols, les positions républicaines pourtant défendues avec acharnement tombent les unes après les autres.
Les villes de Gandesa, de Villalba de las Arcos et de Corbera d'Ebre sont réduites en cendres. Les semaines passent. A la chaleur torride de l'été espagnol succèdent bientôt l'humidité et la boue. Aux premiers froids de novembre, le repli inéluctable s'accentue. Pour protéger les 15 000 hommes et le peu de matériel qui repassent le fleuve, les combattants d'arrière garde se font tuer sur place.
Le 15 novembre, il n'y a plus de soldats républicains sur la rive droite de l'Ebre. Les combats acharnés auront fait dans les deux camps plusieurs dizaines de milliers de morts. Ces pertes considérables en hommes et en matériel allaient bientôt sonner le glas de la République espagnole.