L'exode
de la République
Cela
fait maintenant vingt-cinq ans que Franco est mort. Vingt-cinq ans de
liberté et vingt-cinq ans que les exilés espagnols de la République,
ceux qui ont dû quitter l'Espagne en fuyant le dictateur ont eu
l'opportunité, pour première fois, de retourner dans leur bien aimé pays.
Mais,
rien n'est-ce si facile, et beaucoup moins pour ces gens qui ont dû
tout laisser derrière eux, leurs biens mais aussi leurs espérances afin
de sauver leur vie et celle de leur famille. Beaucoup de ces espagnols
sont mortes loin de leur pays, de leur famille à cause de leurs idées
politiques. C'est l'histoire d'un exode qui eut lieu il y a maintenant
60 ans.
Un demi-million
d'hommes, de femmes et d'enfants; Un demi-million d'êtres humains de
tout âge, fuyants une armée de tueurs. Un demi-million de personnes
marchant sur les routes encore enneigées, traînant avec eux malades
et invalides, s'entassant aux postes frontières et se déversant en un
flot continue dans un pays qu'ils ne connaissent pas et qui va ouvrir,
à la hâte, des camps entourés de barbelés. La plupart d'entre
eux ne reverront jamais plus le pays qu'ils viennent de quitter. Ce
sont, malheureusement, des images que nous pouvons voir encore de nos
jours, à la télévision.
Mais cette fois-ci,
il s'agit de l'exode des Républicains espagnols au printemps 1939. Le
pays d'accueil est la France, et celle-ci va mettre en "cage"
ces combattants de la liberté. Abandonnés et trahis par les grandes
puissances démocratiques, ils vont être les premieres victimes
d'une capitulation face à la montée du fascisme et du nazisme.
Il faudra attendre l'invasion de l'Autriche et de la Pologne pour qu'enfin
les démocraties reagissent tardivement à ces agressions.
Tout le monde avait
les meilleures raisons du monde pour ne pas intervenir ou faire semblant
d'intervenir. La suite, on la connaît... En 1945, l'Espagne passait
en perte et profit. Celles et ceux qui avaient combattu le nazisme en
France en constituant les premiers bataillons de la Résistance étaient
trahis pour la seconde fois. Une fois de plus tout le monde avait des
bonnes raisons de ne pas réveiller les vieux démons et montre ostensiblement
l'incurie et la trahison des politiques d'avant la guerre. Pendant quarante
ans le peuple espagnol se débrouillera seul face l'ancien allié de Mussolini
et d'Hitler.
L'Histoire ne se
répète jamais. Mais les réfugiés poussès par des criminels hors
de leur pays n'appartiennent pas au passé, pas plus d'ailleurs que les
causes qui provoquent de telles catastrophes.
"Plus jamais ça", a-t-on dit. C'est ce qu'on désire
et souhaite mais l'actualité recente (Rwuanda, Bosnie...) nous
démontre le contraire. La vigilance reste de vigueur.