Le trésor du Santa Margarita

Bourré d'or et d'objets précieux, le galion espagnol Santa Margarita, découvert dans le golfe du Mexique par une compagnie australienne, vient de livrer ses premiers trésors, évalués à près de 4 millions de francs. Les responsables de la Maritime Archaeological Investments ont prudemment annoncé la nouvelle avec un mois de retard. Une pièce en or de deux escudos, très rare, 205 services en argent, 3 chaînes en or et un saphir monté sur une bague en or, remontés à l'air libre au cours du mois d'octobre, sont à l'abri dans un coffred d'une banque de Floride.Ce ne serait qu'un échantillon, comparé à ce qui dort encore sous la mer par 20 mètres de fond.


Une époque de rêve
Le Santa Margarita, coulé en 1622, fait partie de cette époque fabuleuse, marquée par la cruauté et la cupidité, durant laquelle les flottes espagnoles partaient de Cadix pour la mer des Antilles et le golfe du Mexique.
Elles vanaient y remplir leurs cales de l'or et de l'argent du Pérou et du Mexique, d'émeraides, de perles, d'améthystes et aussi de sucre, de tabac, de gingembre, de coton, de bois précieux et de tout ce qu'on pouvait alors tirer du Nouveau Monde et de ses habitants. Une fois par an, un immense convoi quittait La Havane, profitant des courants et des vents favorables, pour revenir vers l'Europe et l'Espagne.

Les grands galions
Les galions, grands et gros bateaux ventrus qui pouvainet atteindre une cinquantaine de mètres de long pour quinze de large, puissament armés, n'étaient guère manoeuvrants malgré leurs trois ou quatre mâts et leur forte voilure. Proies des filibustiers et pirates, victimes des tempêtes, nombreux sont ceux qui ont disparu à jamais avec leurs trésors. A jamais? Ce n'est pas si sûr. Le matériel extrêmement sophistiqué dont disposent aujourd'hui les sociétés spécialisées promet bien d'autres découvertes.