L'Histoire maritime de l'Espagne


Depuis 1503, date de la création de la "Casa de Contratacion", bureau commercial, financier et administratif qui contlait le commerce avec le Nouveau Monde, chaque année, deux flottes partaient de Cadix. La "Flotte de Nouvelle Espagne" avait pour destination le nord de la mer des Antilles et le golfe du Mexique. La "Flotte de Terre Ferme" se dirigeait vers les Antilles du sud-est et le nord de l'Amérique du Sud. L'or et l'argent remontaient par mer le long de la côte occidentale de l'Amérique du Sud. Une fois débarqués à Panama, les lingots et les monnaies transitaient à dos de mulet à travers l'isthme jusqu'à Porto-Bello et Nombre de Dios. La "flotte de Terre Ferme" portait desémeraudes de la Nouvelle-Grenade, les améthystes et les perles.

Puis elle rejoignait, à La Havane, la "flotte de Nouvelle Espagne", lourde de toute la production d'argent du Mexique
et des trésors de la Chine amenés
à Acapulco par le "galion de Manille" et acheminés jusqu'à Vera Cruz.
Chaque année, un convoi (pouvant compter jusqu'à cent navires) quittait La Havane et, après avoir longé la côte est de la Floride et contourné le nord des Bahamas, afin de profiter de la poussée du Gulf Stream et des alizés, se dirigeait vers les Bermudes puis les Açores pour enfin atteindre Cadix puis Séville où l'on déchargeait toutes les riches marchandises citées auparavant plus le sucre, le gingembre, le cacao, le tabac, la cochenille, l'indigo, les bois précieux, le coton, la laine rouge, les cuirs, les fourrures, les drogues médicinales, etc...
L'Espagne ayant reçu le Nouveau Monde en héritage, n'avait pas suprofiter des énormes richesses ramenées par ses navires et les faire fructifier. Elle avait dilapidé ses richesses dans des guerres fort coûteuses , les tonnes d'argent après avoir traversé l'Atlantique n'avaient fait que transiter par une Espagne ruiné et avait enrichi les marchands et artisans du nord de l'Europe qui s'étaient mis à produire laborieusement tout ce que l'Espagne ne voulait plus fabriquer de ses mains. A partir du début du 17è siècle, ces pays allaient créer leurs propres compagnies des Indes.
Il sera courant de trouver, à bord des navires hollandais, anglais, scandinaves ou français, des lingots encore frappés des estampilles de

Mexico ou des "pièces de huit" qui deviendront la monnaie de base pendant près de trois siècles.Parvenus à Amsterdam, Londres, Copenhague ou l'Orient, l'or et l'argent repartaient sur mer pour Java, l'Inde, la Chine ou le Japon. Les pays d'Europe doivent à leurs anciennes Compagnies des Indes une grande part de leur puissance et richesse actuelles. Créant le capitalisme et le colonialisme et représentant un phénomène politique, économique et social unique en son genre dans toute l'histoire de l'Humanité, elles ont été à l'origine des progrès en navigation, des grandes découvertes et explorations ainsi que des progrès scientifiques en géographie, linguistique, botanique et ethnologie.