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Le
duc d'Albe (Piedrahita 1507-Lisbonne 1582)
Ferdinand
Alvarez de Tolède naquit
dans une famille qui jouissait déjà d'une grande réputation pour ses talents
miltaires. Son père étant mort au combat contre les Sarrasins alors qu'il
avait deux ans, son éducation d'homme de guerre et d'homme d'état fut
surveillée par son grand-père Ferdinand de Tolède qui s'était lui-même
illustré auprès des Rois Catholiques lors de la prise de Grenade.
Il effectua sa première campagne militaire à seize ans et prit part à
la célèbre bataille de Pavie (1525), mais ce fut surtout en participant
aux campagnes de Hongrie de Charles
Quint contre Soliman qu'il se fit remarquer de l'Empereur. Il poursuivit
son ascension en participant aux expéditions contre Tunis (1535, victorieuse),
et d'Alger (1541, moins heureuse) contre les corsaires turcs.
A l'âge de 35 ans, Charles Quint qui était accaparé par les affaires de
l'Empire, lui confia la tâche de diriger le jeune et futur roi Philippe
dans l'administration du royaume dont il venait d'être nommé régent. Cependant
les difficultés de l'Empereur à se faire respecter par ses princes ramenèrent
d'Albe en Allemagne où il fut appelé pour lutter contre la ligue protestante
de Smalkade, remportant notamment la bataille de Mühlberg (1547) qui permit
un instant à Charles Quint de se rendre maître de toute l'Allemagne. Cette
victoire fut aussi pour d'Albe le début de sa réputation sombre, mais
dont il fera son orgueuil, de champion de la lutte contre les hérétiques.
C'est ainsi qu'il commença à faire preuve de cruauté, demandant la condamnation
à mort de chefs protestants ou proposant à Charles Quint l'exh umation
du corps de Luther afin de le brûler.
D'Albe retourna alors
en Espagne auprès de
son royal élève et laissa Charles Quint, affaiblit par sa maladie et ses
démélés avec les protestants
signer
le traîté de Passau (1552) qui autorisait l'exercice du protestantisme
dans l'Empire.
L'italie et la
guerre contre la France.
Au moment de l'abdication de Charles Quint des trônes de Flandre et
d'Espagne (1555-56), Philippe chargea le duc d'Albe de le représenter
en Italie. Il le nomma vice-roi de Naples, gouverneur de Milan et commandant
en chef des armées espagnoles en Italie. Le pape Paul IV qui voulait
établir avec l'aide des Français son neuveu au secrétariat d'état alors
qu'il était très contesté, poussa les Espagnols à l'affrontement.
Après l'échec de négociations, d'Albe envahit les états pontificaux
et marcha sur Rome.
Les Français menés par François de Guise arrivèrent au secours du pape,
mais Philippe mena une gigantesque armée sur Paris et Guise dut rentrer.
La bataille eut lieu à Saint-Quentin (1557) et se termina par
la victoire des Espagnols.
Mais ceux-ci ne surent en profiter car redoutant par superstition la
guerre avec le Saint-Siège, ils s'empressèrent d'accepter l'offre de
paix proposée par Paul IV : d'Albe alla personnellement lui demander
pardon à genoux. Elle fut signée au Câteau-Cambresis en 1559. Outre
les clauses importantes pour la politique des deux royaumes, le traité
prévoyait le mariage du Roi d'Espagne avec la princesse Elisabeth, fille
d'Henri II et de Catherine de Médicis. Ce fut d'Albe qui fut envoyé
à Paris conclure le mariage. Le prestige dont il jouissait alors fit
oublier tous les maux dont il avait frappé la France et lui permit de
recevoir un accueil en grandes pompes. Après cette mission, il retourna
en Espagne où il reprit la direction des affaires. La répression sanglante
aux Pays-Bas. En 1567, d'Albe fut envoyé en Flandre qui était depuis
plusieurs années en proie à des troubles : les Flamands qui jouissaient
depuis toujours de privilèges religieux et économiques subissaient de
plus en plus mal la domination espagnole.
Le Portugal.
A son retour en Espagne, d'Albe avait conservé toute la confiance de
son souverain : revenir les mains pleines de sang n'était guère de nature
à contrarier Philippe II.
Cependant, il réussit à s'attirer peu après sa disgrâce : son fils ayant
séduit une demoiselle d'honneur, il lui fut ordonné de l'épouser. Mais
au lieu de cela, le jeune homme se maria à l'une de ses parentes avec
l'accord de son père, ce qui irrita profondément le despote. D'Albe
dut se retirer de la cour pour deux années.
En 1580, il fut de nouveau rappelé pour envahir le Portugal et faire
valoir les droits de Philippe sur le royaume qui venait de perdre son
roi Henri le Cardinal. Il attaqua Lisbonne par mer et trois semaines
suffirent au vieux général pour abattre la rébélion. Il y resta et y
mourut deux ans plus tard.
Ils s'étaient ligués
autour de Guillaume d'Orange (un prince allemand luthérien du
conseil d'état) et avaient obtenu de Maguerite de Parme (la demie-soeur
du roi qui gouvernait les provinces) le renvoi de son conseiller le
Cardinal Granvelle qui était proche de Philippe II (1564).
Mais les exigences "des Gueux" (nom que leur avaient donné un courtisan
du roi et qu'ils reprirent à leur compte) n'avaient cessé de croître
et les violences commises par certains extrêmistes calvinistes à l'encontre
d'églises catholiques poussèrent finalement Philippe II à y envoyer
le duc d'Albe (1567). Marguerite de Parme ainsi laissée de côté
se retira. Les troupes du duc d'Albe furent réparties dans les principales
villes afin d'y semer la terreur. D'Albe institua un tribunal de douze
juges qu'il nomma conseil d'insurrection mais qui resta sous le nom
de tribunal du sang, car il avait fait de la potence, du bûcher et des
décapitations un spectacle quotidien. Les principales figures de la
noblesse néerlandaise périrent, à l'exception cependant du prince d'Orange
qui réussit à s'enfuir.
Pour condamner, les preuves n'étaient pas indispensables et les confiscations
au profit des soldats occupants facilitaient leur obéissance.
D'Albe fut encouragé dans ses crimes par le pape. Mais le peuple d'abord
terrorisé par tant de violence ne put maintenir sa colère très longtemps,
et une nouvelle augmentation des impôts au profit de l'occupant déclencha
une révolte d'envergure en 1572.
Celle-ci
fut réprimée, mais les haines généralisées autour de la personne du
duc d'Albe compliquèrent sa tâche, si bien que l'année suivante, il
ne fut pas mécontent d'être rappelé en Espagne.
Il se vantait lui-même d'avoir fait exécuter 18000 personnes.
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